Where are you going

Le cinéma d’auteur, ou “d’art et essai”, est souvent moqué du grand public. Les expérimentations formelles parfois hasardeuses et l’herméticité de l’approche suscitent au mieux la dérision, au pire l’hostilité en-dehors d’un petit cercle d’amateurs, qui n’évite malheureusement pas toujours de se complaire dans une forme d’entre-soi et de complexe de supériorité.

Évidemment, il n’y a ni jardin, ni pivoines au jardin des pivoines. Notre interlocuteur a donné rendez-vous à Monsieur Hu dans un des nombreux cafés à l’occidentale qui prolifèrent dans la capitale. Décoration kitsch et sans âme, un mur bibliothèque tout au fond sur lequel s’alignent quelques dizaines de livres censés créer une atmosphère cosy à l’anglaise je présume. Quelques vieilles publicités, dont une pour les chocolats Meunier, parfaitement identique à celle que l’on trouve dans les attrapes-touristes parisiens. Une reproduction d’une gravure, un Dürher je crois. Je n’ose pas demander à la serveuse.

“On déjeune ensemble ?” Je dois avouer que je n’attendais pas cette réponse à un simple message de politesse. Surtout alors qu’il est déjà 11h, et que j’essaie péniblement de me frayer un chemin entre la foule et tous les véhicules prêts à me rouler dessus pour gagner 10 secondes au feu rouge, une valise de 30 kilo à bout de bras.

Le contrôle de l’internet par le gouvernement chinois est un fait bien connu du grand public, et ces derniers mois les articles fleurissent à ce sujet que ce soit dans des média s’intéressant particulièrement à la Chine ou même dans la presse généraliste. La Chine a toujours été l’un des pays qui exercent le contrôle le plus strict sur internet, mais même un bon connaisseur de la situation ne cesse d’être surpris de la vitesse à laquelle la situation se dégrade ces dernières années (depuis 2012, pour être précis).

nihil potestas super terram

Cet article était déjà écrit lorsque j’ai appris la nouvelle d’une inspection menée simultanément aujourd’hui (11/01/2017) dans les 3 exchanges qui avaient déjà été ciblés la semaine dernière. Ces événements ne remettent selon moi pas en cause un seul mot de cet article, et pour la suite on verra bien ce qu’il se passe.

Le texte ci-dessous est une traduction d’un article paru aujourd’hui sur le site 8btc.com. J’ai essayé d’être fidèle à l’original, mais j’ai pris certaines libertés quand je pensais que cela pouvait améliorer la compréhension par un lecteur francophone. Je profite aussi de cet avertissement pour remercier l’auteur, qui chose rare en particulier chez nous, est une bitcoineuse, Mengdada de son nom de plume. Le soir du 6 janvier, les 3 exchanges les plus importants de Chine (OKCoin, Huobi et BTCC) sont convoqués dans les locaux de la People Bank of China, la banque centrale chinoise. Ils y ont été fermement invités à “se contrôler eux-mêmes et à se corriger”(ndt : 自查整改, littéralement 自 soi-même 查 examiner, inspecter 整 mettre en[…]

Dans un précédent article, j’avais mis en garde contre la lecture biaisée qu’une partie des média occidentaux faisait du communiqué de la PBOC du 20 janvier dernier. Il n’y avait alors guère d’éléments tangibles dans cette épais concentré de langue de bois pour appuyer la thèse que la banque centrale chinoise, bras armé d’un gouvernement communiste bien connu pour ses penchants libertaires, limite anar’ sympa, envisagerait sérieusement de créer une cryptomonnaie décentralisée ayant une quelconque parenté, même lointaine, avec Bitcoin.

La semaine dernière, un bref communiqué de la People Bank of China (中国人民银行), la banque centrale chinoise, a suscité un certain nombre d’articles à la fois dans la presse généraliste mais aussi sur des sites spécialisés annonçant que la Chine était sur le point de créer sa propre cryptomonnaie étatique. Dans un contexte de concentration de mineurs dans un pays connu pour son régime autoritaire et dont l’économie envoie des signaux de plus en plus alarmants, la nouvelle avait de quoi inquiéter : le gouvernement déteste la concurrence, et que se passerait-il s’il décidait tout simplement de s’attaquer aux utilisateurs de Bitcoin et aux mineurs sur son territoire ?

Après Scaling Bitcoin Montréal, la 2e édition hong-kongaise les 7 et 8 décembre derniers a réuni un nombre impressionnant d’intervenants, avec pour objectif de trouver une solution au problème de scalabilité de la blockchain. Outre les présentations de diverses solutions techniques, dont segregated witness qui semble avoir éveillé le plus d’intérêt au sein de la communauté, les organisateurs ont réuni les représentants des principaux pools de minage et fabricants de hardware mondiaux autour de la problématique du scaling, de la controverse autour des BIP100 et 101, de la peur de la concentration des mineurs et d’une attaque 51%, du Great Firewall of China etc. Voici quelques réflexions inspirées par le visionnage (tardif) de cet événement.