tl;dr : si votre objectif n’est pas d’éliminer simultanément les risques de double-dépense et de contrepartie, vous n’avez pas besoin d’une blockchain. si il n’est pas difficile et coûteux d’écrire sur votre blockchain, et au contraire facile et peu coûteux de vérifier ce qui y a été enregistré, elle ne restera pas décentralisée. Enfin, si la vérification de votre blockchain n’est pas réellement décentralisée, elle sera tôt ou tard corrompue, soit par la réintroduction de risques de contrepartie (transactions bloquées et/ou annulées), soit de façon encore plus fondamentale par la corruption des règles qui en régissent le fonctionnement. Cet article est le premier d’une série que j’envisage depuis quelques temps, et qui vise très modestement à mettre au clair mes[…]

Évidemment, il n’y a ni jardin, ni pivoines au jardin des pivoines. Notre interlocuteur a donné rendez-vous à Monsieur Hu dans un des nombreux cafés à l’occidentale qui prolifèrent dans la capitale. Décoration kitsch et sans âme, un mur bibliothèque tout au fond sur lequel s’alignent quelques dizaines de livres censés créer une atmosphère cosy à l’anglaise je présume. Quelques vieilles publicités, dont une pour les chocolats Meunier, parfaitement identique à celle que l’on trouve dans les attrapes-touristes parisiens. Une reproduction d’une gravure, un Dürher je crois. Je n’ose pas demander à la serveuse.

“On déjeune ensemble ?” Je dois avouer que je n’attendais pas cette réponse à un simple message de politesse. Surtout alors qu’il est déjà 11h, et que j’essaie péniblement de me frayer un chemin entre la foule et tous les véhicules prêts à me rouler dessus pour gagner 10 secondes au feu rouge, une valise de 30 kilo à bout de bras.

L’article ci-dessous, publié sur le site chinois 8btc.com, est signé par un avocat chinois spécialiste du droit des affaires, qui dit avoir collaboré avec les créateurs d’Antshares (dont j’ai déjà parlé plusieurs fois) en les conseillant sur les aspects légaux et réglementaires du projet.

Je suis depuis quelques temps Antshares (小蚁, xiaoyi), une startup pékinoise qui ambitionne de créer un protocole permettant de créer, d’émettre et d’échanger des titres de propriété sur une blockchain, autrement dit, de créer un marché d’action décentralisé. Pour reprendre les termes du CEO, Da Hongfei (达鸿飞), il ne s’agit rien de moins que “d’uberiser la bourse, de créer un Nasdaq P2P”. Après la mise en ligne du site officiel le mois dernier, et la publication d’un livre blanc, Antshares a lancé le 21 octobre sa première levée de fonds publics sur le site WeAngel.com, et cette opération de crowdfunding se fait exclusivement en bitcoins.

Les 15 et 16 octobre prochain se tiendra à Shanghai le premier sommet mondial consacré à la blockchain et à ses applications (l’article est résumé en anglais ici). Parmi les invités, on compte des représentants de différents instituts de recherche de la Banque populaire de Chine (央行金融研究所,征信中心), un autre du Lufax (陆金所), un site spécialisé dans la mise en relation directe de prêteurs et d’emprunteurs (P2P lending), mais aussi une assurance (众安保险), une entreprise de paiement en ligne (通联支付, aka Allinpay), des universitaires, un partner de Deloitte et des représentants de diverses banques chinoises. Des étrangers feront eux aussi le déplacement, dont Vitalik Buterin, pour des conférences mais aussi des rencontres à huis clos entre professionnels. La liste complète des[…]